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Boro


Boro, en japonais signifie "guenilles"; c'est le terme utilisé pour décrire notamment les vêtements réalisés avec des tissus recyclés, dans des tons couleur indigo. A l'époque, la récupération n'était pas de mode, c'était juste une nécessité afin de se protéger du froid et pour s'habiller.

C'est au XVIIIe et XIX sicècle, au Nord Est du Japon, dans les villes d'Aomori et d'Akita que la population pauvre de cette région (pêcheurs et fermiers), durant l'époque Meiji, récupéraient les textiles âbimés, les rapiècaient pour leur donner une nouvelle vie ou créer d'autres vêtements. De petites pièces de tissus sont fixées à petits points, au point de reprise  (dans le même style que le sashiko). Grâce à cette technique, de nouveaux effets prenaient vie pour devenir couvres-lits, futons, vêtements, ...

Chaque boro raconte une histoire car souvent rapiécé, il a été le témoin de la vie quotidienne, du travail, des fêtes, des rires et des larmes qui ont jalonnés cette société agraire. Durant l'hiver, pour réparer futons et vêtements de ferme, les femmes japonaises utilisaient des morceaux de tissus et recouvraient les parties usagées ou trouées, prolongant ainsi la durée de vie de leurs vêtements.

Provenant du Sud du Japon, l'indigo permettait de teindre en noir et en bleu. Toutefois, l'indigo était une denrée précieuse et onéreuse ce qui explique que dans certaines régions, on se servait de plantes pour teindre (aujourd'hui, il nous arrive encore d'utiliser des teintures végétales). A cette époque également, le coton était précieux parce qu'il ne provenait pas de cette région. Les japonais portaient des vêtements de chanvre et pour apporter de la chaleur, en guise de protection contre le froid, ils superposaient les couches de tissus.


En les voyant on retrouve immédiatement des liens avec des mouvements et des artistes occidentaux. Les Expressionnistes Abstraits partagent avec les Boro le concept d’abstraction spontanée dont les travaux de Rauschenberg et sa collection de “débris”, ou ceux de Motherwell et sa longue histoire d’amour avec les collages. On y retrouve aussi des œuvres d’Art Informal et de son plus célèbre représentant Alberto Burri qui colle directement sur ses toiles des bouts de tissus déchirés et abimés, ainsi que des morceaux de vieilles toiles d’emballage. Les surfaces sur lesquelles ces artistes peignent sont préalablement grattées, frottées, superposées et même incrustées à un tel point qu’on croirait y voir le passage du temps. Quoi de plus proche de la matérialisation du temps qui passe que la surface d’un Boro rare avec ses couches superposées de lambeaux de tissus indigo anciens.

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